Crédit photo : Cyrille Robin

 

A l’occasion de la Fête des Mères, la maison Nina Ricci sort une édition limitée de son parfum emblématique, L’Air du Temps, dans un packaging inédit haut en couleurs. Des fleurs et des colombes habilement mises en scène par les mains de fée de Camille Ortoli, Designer Papier, et un visuel retranscrit par le regard expert de Cyrille Robin, Photographe Objets de Mode et de Luxe. Pour Hahnemühle, les deux artistes complices nous ont dévoilé les dessous de cette fantastique réalisation.

 

Camille Ortoli, Cyrille Robin, pouvez-vous en quelques mots vous présenter. Camille, l’honneur aux femmes.

Camille : Je suis Designer Papier depuis 4 ans, mon métier consiste à créer et réaliser des décors entièrement faits de papier pour des vitrines de magasin, de set design, de films publicitaires, et d’autres encore.

Cyrille : Je suis photographe depuis 8 ans, spécialisé dans le monde du luxe. Du bijou à la maroquinerie, en passant par les parfums et objets de design, je photographie principalement des objets de mode et de luxe.

De quelle manière avez-vous travaillé pour le projet Nina Ricci ? Comment avez-vous été amenés à vous retrouver tous les deux sur ce projet ?

Cyrille : Une agence de publicité, contactée par Nina Ricci, a fait appel à mon agent. Appréciant aussi le travail de Camille Ortoli, il nous a proposé de faire le projet tous les deux.

Camille : Nous avions déjà travaillé ensemble, la collaboration était naturelle.

En quoi consistait ce projet ?

Camille : Nous devions faire flotter le parfum Nina Ricci au milieu d’une envolée de petites fleurs colorées. Pour cela nous devions construire une structure autour du parfum pour avoir cet effet d’apesanteur.

Cyrille : Les fleurs devaient reprendre le motif d’impression du nouveau packaging du parfum Nina Ricci. L’idée était que le packaging se décompose et se transforme en ce qu’il représente, c’est-à-dire des fleurs et des colombes. Il fallait imprimer ce motif sur un papier et faire vivre les fleurs et les colombes grâce au travail de Camille.

Crédit photo : Cyrille Robin

Vous aviez des directives particulières de la part de la marque ou étiez-vous libres de proposer vos idées sur ce projet ?

Cyrille : Oui, nous avons eu des directives très précises de l’agence de pub qui ont été pré-validées en amont avec la marque. L’agence nous a montré une maquette de ce que la marque avait en tête. L’objectif était de reproduire exactement ce que l’on nous présentait en maquette photoshop.

Camille : Lors du rendez-vous client, j’ai apporté quelques fleurs faites en papier imprimé pour leur donner une idée de la forme.

 

Au niveau de l’impression, comment cela s’est-il passé ? Cyrille, as-tu eu ton mot à dire au niveau de l’imprimeur ?

Cyrille : Les couleurs du motif du packaging étant très vives, il fallait avoir une cohérence entre ce dernier et le visuel imprimé. De plus je savais que Camille n’avait pas l’habitude de travailler sur du papier imprimé. Je lui ai demandé quel type de papier et grammage elle préférait pour ce projet, puis j’ai proposé de prendre en charge l’impression avec mon imprimante professionnelle.

Et comment as-tu choisi le papier ? C’est toi qui l’a proposé ?

Cyrille : Oui j’ai tout de suite pensé à Hahnemühle. En tant que photographe, je travaille avec ce papier, que ce soit pour mon portfolio ou des tirages d’expo. J’avais rencontré Jehan de Bujadoux, Responsable Digital chez Hahnemühle France qui m’avait parlé de ce papier fin. Normalement, le papier permettant d’avoir de belles couleurs est souvent épais. Ce qui était parfaitement adapté pour le travail de Camille pour ce projet.

Camille : En effet, plus les décors sont petits, plus le papier doit être fin pour me permettre de le travailler facilement.

Premier test du Rice Paper, est-ce qu’il t’a plu tout de suite ?

Camille : Oui, il est très facile à travailler, puisqu’il s’agit d’un papier relativement fin (120g). Contrairement au papier Photo Rag 188, qui lui est plus épais.

Qu’est ce qu’il t’a apporté, comment as-tu ressenti le Rice Paper ?

Camille : Comme une impression de travailler avec mon papier habituel ! Les impressions de couleurs ne m’ont pas dérangée. Je n’hésiterai pas à revenir vers vous si un projet similaire se représente.

 

Cyrille, du point de vue photographique, et de par ton expérience de la photographie de luxe, dois-tu apporter un soin particulier autre pour photographier des sculptures en papier ?

En général oui car souvent avec le papier, on a du blanc et une des choses que je trouve très belle avec le design papier, c’est de jouer sur les différentes densités de blanc très fines et subtiles et souvent sur un fond clair, plus que sur du contraste évident, donc ça fait des éclairages au millimètre et la retouche derrière doit être très pointue pour montrer la courbure du papier.

Donc les astuces pour photographier, c’est l’éclairage et éventuellement un peu de retouche ?

Cyrille : Oui pour photographier le design papier, je suis souvent obligé de faire un peu de montage pour avoir différentes lumières selon la zone qui m’intéresse : une lumière qui va rendre grâce à une partie de la sculpture ne le sera pas forcement pour une autre partie. Il s’agit régulièrement de volume en papier blanc, souvent sur fond clair et donc le visuel peut souvent paraître plat. Avec le Rice Paper imprimé de couleurs vives, nous n’avions pas ce problème.

 

Le grammage peu élevé du papier a-t-il donné de la transparence à la sculpture ?

Camille : Non, les couleurs étant très présentes sur les fleurs et la disposition de l’éclairage ne permettaient aucun jeu de transparence sur le papier.

 

Combien d’heures auront été nécessaires pour la réalisation de la sculpture ?

Camille : Une petite semaine. Je devais réaliser une quarantaine de fleurs et deux ou trois colombes. La première étape a été la recherche de la forme des différentes fleurs, ensuite la découpe du papier (une fois l’impression faite) et enfin l’assemblage de tous les pétales.

Cyrille : Pour ne pas perdre de temps, nous avons installé la structure la veille du shooting,  ce qui nous a permis le jour J d’avoir une image principale et deux déclinaisons.

 

On a l’impression que tout s’est passé sans encombres.

Camille & Cyrille : A peu près !!! (rires)

Camille : La structure en fil de fer était assez fragile, il fallait que toutes les fleurs soient parfaitement positionnées. Un vrai travail de patience ! Mais dans l’ensemble, tout s’est très bien passé.

Ce projet t’a-t-il donné envie de retravailler sur du papier imprimé ?

Camille : Oui ! C’était intéressant de l’avoir expérimenté.

Justement avez-vous un futur projet en commun ?Camille : Je lui en ai parlé tout juste, à suivre !

Merci à tous les deux pour ces petits secrets de fabrication, nous vous souhaitons de beaux projets et un vif succès !

Retrouvez le travail sur papier de Camille Ortoli ici et le portfolio de Cyrille Robin ici.

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